lundi 3 août 2015

L'arête des Murois à la Pointe du Vallonnet

On poursuit les belles sorties dans "l'envers" de l'Oisans, globalement délaissé par les foules et donc particulièrement indiqué pour qui aime la tranquillité ! Ici pas de télécabine, pas de sommets à la mode, on parle de foule à partir de 3 cordées ;p Après le pigeonnier on fait étape au refuge de Font-Turbat, idéalement situé sous la face NW de l'Olan, pour s'offrir l'arête des Murois à la pointe du Vallonnet.
En paysage, le Pic Turbat

On démarre pas trop tôt de Grenoble, rendez-vous à 10h afin de laisser passer le gros de la pluie ! Une première voiture part à l'heure suivit (un peu...) plus tard par Clotilde et moi... On fait une petite étape gastronomique au Mac-Do de la mure pour compenser le tupperware de Quinoa de Clotilde, on démarre donc la longue approche avec 1h30 de retard: pas forcément un bon choix stratégique ;p
Je pars tête dans le guidon pour éviter la pluie, fidèle à mon crédo : laisser l'eau aux poissons ou pour brasser la bière !! Derrière moi Clotilde préfère marcher en méditant ;p J'arrive donc au refuge (après avoir passé le Sphynx -> le Patou) avec le premier groupe, et 5 minutes avant la grosse rincée, héhé !
Heureusement Clotilde est bien accueillit quand elle arrive : on allume le poêle et un bon chocolat chaud, ça préserve la bonne humeur !
La soirée est au top, on est seuls au refuge avec Sandrine, la gardienne, qui nous a préparé un plat de lasagnes à tomber par terre... On la félicite d'autant plus qu'elle a su supporter Jiri dans la cuisine le temps de la vaisselle :D
Montée en refuge, photo Pascale
 
Dimanche matin, la terrasse dégouline encore de flotte, ça s'annonce parfaitement bien pour notre arête herbeuse et qui prend le soleil tardivement ;)  L'approche est courte et facile, on voit enfin l'Olan dans son intégralité !! Une bonne occasion de repérer le pilier Candau avec Vincent.... La lune presque pleine joue à cache-cache sur le Mont Gardi, c'est bien sympa :)
On attaque l'arête en trois cordées : Clotilde et Marion devant en cordée autonome, Jiri amène Vincent qui a la charge de tout ce petit monde, et je ferme la marche avec Pascale. Et oui c'est détente ce week-end !! :p
La lune joue avec le mont Gardi
Pascale devant la face NW de l'Olan
Fatiguée, la lune se repose...
On s'est bien fait plaisir, et en gueulant un peu j'ai limité le nombre de spits clippés par la troupe ;) Le début de l'arête fut marqué par le caractère dégoulinant des "nombreuses touffes d'herbes" et du Lichen, qui nous a offert un peu de gymnastique :p Il y a de beaux passages en dalles, quelques ressauts plus athlétique, c'est assez varié et facile car peu soutenu :) Ça se protège bien pour un parcourt corde tendue, et les relais sont facile à construire. Après quelques longueurs, on arrive sur un bout d'arête plus facile qu'on a bien nettoyé, profitant d'être seuls dans les parages, puis deux brèches avec une belle ambiance et de la dé-escalade facile.
Un contournement de gendarme ramène sur l'arête qu'on gravit en deux courts ressauts puis avec de l'arête facile, jusqu'au sommet.
Attaque de la voie
Quelque part dans le grand ressaut
Au loin le Mont-Aiguille s'impose en seigneur !
Relais confort ;)
La dé-escalade, belle ambiance
Contournement face NW
Pascale et Marguerite devant le pic Turbat
Un beau ressaut dalleux
Arrivée de Pascale

La descente se fait en deux rappels de 25m sur bon relais, sans problème de coincement de cordes, par contre on a pas battu de records de vitesses ;p On est alors descendu par une sente que l'on a perdu (forcément avec une blonde devant ;p), puis facilement dans des barres et un pierrier. On retrouve la base de l'arête puis le sentier du petit vallon. La fin jusqu'au village est sans surprise : longue, plate, un peu chiante :D On a tracé avec Vincent pour aller s'offrir un coca et une glace, heureux comme des gosses :)
Encore un bon week-end avec le GAG, et comme "invitées surprise" Pascale et Marion !
Au sommet :Clotilde
Au sommet :Marion
Au sommet : Vincent
Au sommet :Jiri
Au sommet : Pascale
Le relais de rappel, aérien

mardi 14 juillet 2015

Trois jours au Pigeonnier : Partie 3, les Rouies

Un beau week-end prolongé, le temps de parcourir trois sommets autour du refuge du Pigeonnier, dans le Valgaudemar. D'abord deux arêtes rocheuses sur les Pics du Vaccivier, puis une course neigeuse sur les Rouies. Ambiance relax avec un très beau refuge gardé par un équipe au top, à coté d'un petit lac propice à la baignade :)
Objectif : les Rouies
 
Pour ce troisième jour, fini les voies rocheuses ! C'est pas compliqué, on a fait les deux voies abordables par le groupe en autonomie... Pour l'éperon SE des Rouies, il est encore trop tôt ! Quoi qu’avec la météo on aurait pu se faire ça avec bivouac, mais Camille m'aurait surement maudit encore plus qu'avec le réveil à 4h de la voie normale :)
Nous voilà donc harnachés et rassasiés à 4h45, prêts à en découdre avec le glacier des Rouies ;p
L'approche est toujours la même, un bon sentier qui mène de façon plaisante à la neige. On chausse les crampons, Camille s'encorde avec Jiri et Victorien avec moi. Ah oui, Clotilde est resté faire la grasse-mat', elle va parcourir le Gendarme Rouge avec un ami à elle ;p
Approche sous un beau ciel étoilé
Une belle muraille
On chausse vite avant la foule :)
 
On avance bien, suivant le rythme de Camille qui se plaint d'aller trop vite alors que c'est elle qu'on suit depuis le début :) Qu'est-ce qu'on ferait pas pour se faire chouchouter ;p
Sur le glacier, et depuis qu'on s'est équipés, les lumières sont magnifiques... Levé de soleil en douceur, puis des nuages qui créent de belles variations de couleurs ! Moi, je me régal, pas besoin de faire des trucs de fou pour ça !!
La Meije, les Ecrins, l'Ailefroide, le Rateau, ... Tous les grands sommets de l'Oisans sont au rendez-vous !! Et puis on a doublé beaucoup de cordées qui trainent derrière, on n'est donc devancé que par deux cordées de 2 :)
Le Sirac s'éveille
Les Rouies sont déjà au soleil, il doit faire bon bivouaquer là-haut !
A notre tour de profiter du soleil

 

La traversée du glacier est relativement débonnaire jusque 50m sous la rimaye. Il y a des crevasses mais très fines et bien bouchées, à moins d'aller se mettre au bord de la chute du glacier où les crevasses s'ouvrent sous l’accélération du mouvement, pour finir en chute de Séracs. Une belle occasion de discuter de la "mécanique" des glaciers et des attitudes à adopter sur l'itinéraire :)
Sous la Rimaye, on franchit une énorme crevasse par la rive droite : j'avais repéré la veille et confirmé le matin qu'elle serait moins vicieuse à cet endroit, alors que la trace passes rive gauche. En effet la trace passe sur un pont de neige affaissé, ça ne donne pas envie ! Rive droite c'est mieux mais pas complétement sain, le pont de neige est large et la crevasse profonde : on est vigilant, et on a fait des nœuds sur la corde pour plus de tranquillité :)
Si la crevasse continue de s'ouvrir, il faudra alors passer sur le rocher tout à gauche ;)
La rimaye quand à elle se franchit aisément, ainsi que la pente raide terminale. Au sommet la vue est grandiose, c'est un bonheur d'être là ! Par contre on ne s'attarde pas car un vilain vent de NO s'amuse à nous congeler les pieds et le reste...
Jiri attaque le glacier
Les Ecrins, Ailefroide, en toile de fond
Un panorama magique
Des couleurs préservées par les nuages
Contrastes
La troupe au sommet
On voit tout l'itinéraire, notamment le passage critique
On est pas là pour faire de la spéléo....


Le retour s'effectue de la même façon, sans encombre. C'est vraiment une voie normale très belle et très agréable, il n'y a rien à jeter !
Au refuge, on a la surprise de trouver un nouvel invité ! Émilie, une des aide-gardienne, s'est fait offrir une bouée orque pour barboter dans le lac !! Je ne peux pas résister et je demande l'autorisation de faire trempette avec l'Orque, c'est trop génial :p Dommage que Rosalie soit restée en bas elle aurait eu un pote ! Il y avait aussi trois jolis petits canards...
On profite une dernière fois du refuge, Jiri vide sa bière sur le sac de Victorien, puis on s'en va... On était bien là-haut, on reviendra........
A bientôt le Pigeonnier !!

Trois jours au Pigeonnier : Partie 2, la Pointe Duhamel

Un beau week-end prolongé, le temps de parcourir trois sommets autour du refuge du Pigeonnier, dans le Valgaudemar. D'abord deux arêtes rocheuses sur les Pics du Vaccivier, puis une course neigeuse sur les Rouies. Ambiance relax avec un très beau refuge gardé par un équipe au top, à coté d'un petit lac propice à la baignade :)
La fine équipe devant le pointe du Vallon des Etages

On continue le second jour avec le groupe complet, direction la Pointe Duhamel, ou Vaccivier W, par son arête S.  Cette fois, pas question que je mène la course, on repart sur l'apprentissage de l'autonomie :) Je me baladerai un coup sur la cordée de Clotilde et Camille, un coup sur celle de Jiri et Victorien, pour superviser les opérations :p
L'approche est toujours aussi facile, par contre le topo n'est pas hyper clair sur l'attaque... C'est parfait, ça force à prendre des décisions ! Et en plus le groupe prendra la bonne décision et suivra au final l'itinéraire sans erreurs, ça progresse :)
L'attaque se fait dans des dalles lisses et gradins herbeux, ce n'est pas difficile mais c'est le pire terrain pour la sécurité : difficile de poser des points fiables, et d'arrêter une chute... On progresse donc prudemment, et je serai bien content de pouvoir planter un piton à mi-chemin pour combler une zone sans protections... (piton retiré ensuite ;) ) C'est qu'en plus derrière Jiri nous fait une démonstration (vite arrêtée !!) de test "kamikaze" sur becquets :$
Petit piton

La suite se déroule sur un rocher différent, plus facile à protéger mais beaucoup plus branlant... Jusqu'au second ressaut, il n'y a pas un seul pas d'escalade intéressant, c'est de la crapahute sur du lichen et des blocs mouvants : même moi qui suit un amateur de rocher pourri j'ai été déçu...
On arrive donc au second ressaut, qui consent enfin à nous offrir un peu d'escalade. OK ça ne dure que 15m, mais c'est un soulagement, car je commençai à douter de trouver un plaisir quelconque sur ce sommet !!
Clotilde ouvre la voie, on suit avec Camille, puis Victorien mène pour sa cordée. Ressaut vite avalé, on est bon pour continuer la marche à pieds... Une belle lucarne dans les blocs branlants rehausse un peu le moral, ça fait au moins une belle vue :) Mais on est vite au sommet après 5m de III dans le "troisième ressaut" (qui est un foetus de ressaut...), pfiouuu, enfin fini :D
Bon, le point positif c'est que le terrain restait formateur en matière de pose de protections, et recherche d'itinéraire, pas une journée complètement gâchée donc ;)
Cependant je classe cette course comme étant la pire bouse que j'ai pu faire dans les Ecrins jusqu'à présent, y'a bien que la vanoise pour rivaliser :p
Un terrain herbeux qui aurait ravi Rosalie !
Vous prendrez bien un peu de marche à pieds ??
Votre attention SVP, voilà les 15m de grimpe sur 300m d'arête :D
Un bon photographe, c'est celui qui transforme une promenade en escalade :D
Niveau paysage par contre, c'est beau :)
La lucarne
Devant les Rouies, la star du coin
Comment une perspective peut truquer une photo ;)
La cordée des filles arrive au sommet

La descente se fait sans soucis, les conditions d'enneigement sont encore correctes ce qui permet de descendre par le couloir raide de la VN des Rouies. C'est agréable pour les guibolles, c'est plutôt joli, et ça permet de varier le terrain et les techniques de progression/assurage :)
On passe encore une super journée au refuge : bière, orgie de pâtes carbo (ou omelette, ou grillades), "poivrage" de Clo pendant sa sieste, bière au poivre (j'aurai ma vengeance !!!), sieste...
Et le repas est au top une fois de plus, avec du rab à profusion puisqu'on a été étiquetés "gouffre à nourriture" par l'équipe :) 
Dans le couloir de descente
Encore
La bouse du jour ;)