dimanche 10 juillet 2016

Sortie en autonomie au Dôme de Polset

Seconde sortie des GAGistes sans encadrants, pour rattraper le but météo magistrale de Juin ! Récit par Victorien.
Après une sortie GAG annulée pour cause de météo apocalyptique en juin, on décide d'aller mettre en pratique tout ce qu'on a appris au stage alpi lors d'une sortie autonome. Thomas étant en vacances et Anaïs préférant rester sapée comme jamais, l'équipe du weekend sera composée de Mathilde, Pierrick, Nico et moi-même ; nos chers encadrants s'étant débiné pour cause de pente moyenne trop faible ! Pour bien se roder avant le weekend du 14 juillet, on s'oriente sur une course facile en Vanoise : le Dôme de Polset.
Attaque sur le glacier dans une ambiance magique
 
Malgré l'insistance de Pierrick pour monter au refuge par la Maurienne, il n'a pas réussi à nous convaincre (allez savoir pourquoi) et on montera donc au refuge par l’accès classique.
La météo du weekend étant au beau fixe, on part tôt pour faire quelques longueurs de couenne à Pralognan sur le secteur « haute tension ». Malgré les résurgences et le rocher un peu sale, l'escalade y est jolie et variée ! En début d'après midi, on prend la direction du refuge. On est en Vanoise donc on croise forcement des hordes de randonneurs venues profiter du paysage et on ne peut pas dire qu'ils aient tord, le panorama est magnifique !
C'est parti pour 2 heures de rando !

Arrivée au refuge en 2 petites heures, on a largement le temps d'aller se baigner au Lac Blanc. Les nombreux névés qui se jettent dans le lac nous inquiètent un peu pour la température de l'eau mais c'est à coup de « j'y vais si t'y vas » qu'on fini presque tous à l'eau. On n'y restera que 30 secondes max mais ça suffira pour se rafraichir et se décrasser avant le repas. Le bar fermant 30 minutes avant le repas, on devra donc patienter avant de déguster la bière locale ! Mais Nico réparera ça dès 19h en commandant un pichet de bière ! Le second nous aura valu les foudres de la gardienne à qui il faudra bien 10 minutes pour le remplir (et nous, cinq pour le vider) ! Pour le repas, on sera gâtés avec de délicieuses lasagnes (au passage, merci à nos voisins de table de nous avoir donné leurs restes !) suivi d'un bavarois aux framboises en dessert ; on aura même droit à la dégustation du génépi du gardien !
Refuge 4 étoiles avec piscine !
Couché de soleil sur les glaciers de la Vanoise
Pointe de l’Échelle
Après une nuit plus ou moins bercée par un groupe de ronfleurs, le réveil est assez brutal à cause de plusieurs personnes atteintes du SSP (on y reviendra plus tard), mais on retrouve vite le sourire en prenant notre petit déj devant un pot de Nutella de 3kg :)
Comme on est des élèves très disciplinés, en 30 minutes on est prêts à partir. Et le gros avantage c'est qu'on part bien avant 2 gros groupes pour profiter de la course tranquillement !
L'approche étant un sentier de randonnée, il est très facile de le suivre et on éteint vite les frontales pour profiter pleinement du levé du jour. On arrive vite aux 2 lacs glaciaires où l'on s'équipe. Après un débat d'environ 2 secondes, les cordées seront Nico avec Mathilde et Pierrick avec moi ; Nico et Pierrick sont désignés leaders de cordée.
Premières lueurs du jour sur le glacier de Gébroulaz

Sur le glacier, on commence à profiter des magnifiques couleurs du levé de soleil (même si le réveil pique les yeux, c'est toujours sympa de gravir un glacier exposé Est). Malgré un regel moyen, la progression est facile et, grâce à la quantité de neige restante, on ne verra pas trace des zones de crevasses annoncées dans le topo (et on ne s'en plaint pas). On ne verra pas non plus le fameux rocher caractéristique en forme de tête de cheval !
Petit moment de contemplation
Sommet en vue !

Sur la course en elle même, il n'y a pas vraiment de difficultés ; juste 2 petites portions à 30° mais pas de quoi se faire peur. Et on confirme au passage que c'est une course qui se fait effectivement mieux à ski ! Pour accéder au sommet, on choisi la voie la plus courte : la pente NE. Et au sommet, on est accueillis par un magnifique nuage accroché sur l'Aiguille de Polset (qui a parlé de chat noir). Cela ne nous empêchera pas de profiter d'un panorama exceptionnel : Mont Blanc, Grande Casse, Dent Parrachée, Barre des Écrins. Il manque juste la Meije pour que ce soit parfait !
Dernière pente avant le sommet
L'équipe au sommet

Bien qu'on ne soit pas en retard sur l'horaire, la neige trop molle nous incite à faire une croix sur l'Aiguille de Polset afin de ne pas prendre trop de risque sur la partie crevassée. Et voir toutes les cordées qui nous suivent commencer à bien brasser dans la neige nous confortera dans notre choix. Pendant qu'ils galèrent nous on court se baigner dans le lac et faire une bonne sieste ! Et comme toutes bonnes courses d'alpi, ça se fini en buvant une bonne bière au refuge !
Aiguille de Polset
Descente avec un panorama toujours aussi grandiose
Fin de course, vivement la prochaine !

La course était très (trop?) facile mais nous aura permis de se roder en manips de corde, à Pierrick de faire sa première course en temps que leader, et d'enfin aller en montagne après un mois de juin pourri ! Maintenant on est prêts à tout déchirer sur la prochaine sortie GAG !

Et pour finir, un petit extrait du dictionnaire Vidal :
 Le SSP (ou Syndrome du Sac plastique) est une maladie qui semble toucher de plus en plus de monde en refuge (effets conjugués de l'altitude et du réchauffement climatique ??). Les symptômes sont très caractéristiques et simples à reconnaitre. Si vous vous levez entre 10 et 15 minutes avant le réveil du gardien, et qu'en l'attendant vous passez votre temps à ranger des choses dans un sac plastique, vous êtes probablement contaminé ; parlez en à un professionnel de la montagne. 
Les risques pour la santé sont faibles mais à ne pas négliger. Vous risquez de mettre de très mauvaise humeur vos collègues du dortoir, de prendre une engueulade et, dans les cas extrêmes, voir un piolet d'un peu trop près ! 
Après avoir pris conscience que vous êtes atteint de cette maladie, vous avez fait le plus grand pas vers la guérison. Le suite consiste à dormir plus et être plus efficace au départ. D'autre y arrivent, pourquoi pas vous ?

samedi 28 mai 2016

Dents du loup : Le grand bain sans brassards... ou à peu près !

Récit par Anaïs, Nico et Pierrick (photos) d'une sortie entre GAGistes sans les encadrants ! Ben oui le but après tout c'est bien qu'ils se passent de nous ;p 
Ils ont donc parcouru les belles arêtes des dents du loup en Belledone, le 28 Mai (oui je suis en retard sur ce coup là !!).
Sous la face N du Colon

Il y a un chat noir dans le GAG 2015-2016 : on s'est pris cette année tellement de buts météo qu'on a pu faire de l'alpi caillou comme en été... Ça nous aura au moins permis de peaufiner longuement pose de coinceurs, friends, et autres protection rocher, de tester la recherche d’itinéraire boiteuse en environnement hostile et jardins municipaux, et de topoter comme des fous en actualisant frénétiquement la météo toute la semaine avant les sorties, pour imaginer un plan A, un plan B, voire un plan C. La loose, mais constructive. Et de bonne humeur.

Bref, on a les bases. Et du coup, on a les crocs.

Un week-end annoncé potable, rien de prévu, les encadrants du GAG qui prévoient une école de coinceurs ? Pas besoin de plus pour se chauffer, c'est décidé: on fait une première sortie autonome. Concertation, réflexion, consultation : on enchaînerait bien 2 courses tant qu'on y est, alpi rocher abordable (reste de la neige), pas trop fréquenté, pas trop loin, ambiance et maîtrise. Comme on peut pas vraiment dire qu'on est blasés du fait d'avoir sur-fréquenté les massifs du coin, ça ouvre pas mal de portes. Et comme il nous manque un complément, on puise dans les réserves du GAG étendu, la fine équipe de la journée de sélection: ça tombe bien, Luc est chaud.

On ira donc en Belledonne, direction les dents du loup Samedi, les dalles du Galeteau dimanche, avec la nuit au refuge de la Pra. C'est validé par la hiérarchie (oui, on demande encore, on garde les petites roulettes) ça a l'air joli, abordable, tip top pour un démarrage. Évidemment, le mini but météo s'y met, on ne garde que les dents du Loup, et on va tâcher d'être redescendus avant la flotte de l'aprèm. J'étais prêt pour la Walker dans les grandes Jorasses, Rob a émis quelques réserves. Le manque de confiance patent, je vous jure...

Départ à l'heure (forcément, pas d'encadrants), 7 heures au parking de Freydières, le fond de l'air est chaud même si le type devant qui porte ses skis n'a pas l'air au courant. Il veut sans doute profiter des 40 cm de fraîche qu'il est tombé pendant la nuit. Ah non, pardon.

Mine de rien, on avoine : 1h20 pour le lac du Crozet, moins de 2 heures pour arriver au pied de la crête qui amène au petit râteau. Sans les encadrants pour nous ralentir, on peut enfin hausser le rythme. On s'équipe, grignote un bout, se répartit le jeu de friends qu'on a pour les 2 cordées : Pierrick et Luc, Anaïs et moi.  On voudrait mettre les crampons et sortir le piolet, mais c'est difficile à justifier...
Départ de Freydière
Au dessus du Crozet
A l'attaque !
 
A l'attaque du petit râteau, première bosse, c'est serein. Je sens qu'on a déjà vraiment progressé, plus efficaces, plus rapides, concentrés. On comprend ce qu'on fait, on ajuste. On admire le paysage, goûte l'ambiance et Pierrick engage le fil de l'arête, évident. J'emboîte le pas de Luc qui part en corde tendue, on va essayer d'être rapides. Je teste une variante qui m'attire, un poil dure pour Anaïs qui m'insulte en grimpant, et on arrive vite au pied d'une jolie dalle bien fracturée. Le rocher n'est pas très bon, mais il mène au replat au sommet du petit râteau.
On s'applique, cherchant les meilleurs endroits pour poser des protections, testant le rocher, pratiquant des gestes qui viennent seuls, relais sur sangle sur un gros becquet, demi cab pour faire venir le second ; on perd presque un poil de temps à vouloir faire comme à la parade. Mais c'est vraiment bon, on est seuls devant une jolie arête, effilée, attirante.

Toujours en corde tendue, Pierrick et Luc vont chercher le premier rappel au bout du fil, on leur emboîte le pas, pas trop proches, l'arête est courte et la place au bout limitée. J'arrive au moment du plat de nouilles, et goûte avec délice un passage qui m'aurait paralysé il y a quelques années. Décidément, ça va mieux mon vertige.

Passés les soucis de corde sur lesquels il reste des progrès d'organisation à faire (Pierrick, c'est de toi que ça cause), on passe au rappel, et là aussi on enchaîne bien, comme à l'entraînement : pose du machard sur corde pendant que le précédent descend, main au dessus du machard,... on gère. Sauf qu'on descend bien trop bas, on se rappelle un peu tard des CR de sorties C2C qui parlent de bien viser la brèche pour éviter les emmerdes. C'est pas grave, on galère un peu pour rappeler la corde, et on en est quitte pour brasser un peu dans la neige pour remonter à la brèche : on a pas fait assez de mixte cet hiver, ça manquait.
Montée au Râteau
Rappels sous l’œil vigilant de Rex
 
C'est l'arête des dents du loup : Pierrick repart devant, on s'est mis d'accord sur le fait que je me tape LA longueur de la course, le petit 4 des familles sur rocher pourri difficile à protéger sur les 15 premiers mètres. J'en salive d'avance. Mais pour l'heure, c'est Anaïs qui part en tête, donc c'est elle qui raconte.
« Me voilà partie à la suite de Luc, on ne change pas une première cordée qui gagne. Même si je prends des précautions, comme à mon habitude, en testant les cailloux sous mes mains et en progressant tranquillement, j’avance à un rythme correct et sans difficultés – l’arrête est douce, avec de bonnes prises et de jolies marches, ni trop effilée ni trop large. J’en suis heureuse car j’avais hésité : est-ce que je pars devant, ne me sentant pas encore très sereine avec mon niveau technique limité et mon appréhension de la tête qui n’a pas complètement disparu ? (n’oublions cependant pas que j’ai fait l’arrêt à Jojo :). Mais Rex (ndle : la mascotte offerte par le GAG pour ses 24 ans, une charmante tortue) est là pour me donner confiance, posé (ou pendu ?) sur le côté de mon sac. Je me prends même à m’amuser faire passer les cordes autour des becquets, l’une d’un côté, l’autre de l’autre. Finalement, je rejoins Pierrick et Luc sur le replat avant même d’avoir pu mettre un friend (qui tienne). Nous posons le deuxième rappel en visant mieux cette fois-ci ».    

C'est parti pour le crux, l'attaque de la jumelle : vu de près, c'est nettement moins impressionnant, cette longueur. Dedans aussi. Par contre, le rocher est vraiment pas bon, et c'est vrai que ça se protège pas super bien : premier coinceur béton après 15 mètre, auquel on rajoute une sangle pour faire l'appoint, et on est vite en haut, gros becquets, relais confort. c'est presque fini : Anaïs est devant, montagne russes sur sentes herbeuses et remontée sur l'arête, avant la désescalade finale qui mène au rappel, et hormis la petite alerte de Luc qui échappe son reverso (puisque ça s'était beaucoup trop bien passé), la fin est sans accroc.
Dans la longueur clé
 Au final, cette première est passé comme un rêve, 5 heures sur l'arête pour 2 cordées, on est plutôt contents : on se rend compte qu'on a déjà intégré beaucoup de choses, et que même si l'expérience doit venir renforcer tout ça, on a déjà énormément progressé depuis Septembre. Ce qui me marque plus que le côté serein, c'est que l'enchaînement des gestes me paraît naturel, réflexe.
Bref, la première d'une longue série. Long live ze gag.

mercredi 20 avril 2016

La Sainte-Défaite du GAG

Les week-ends se suivent et se ressemblent ! On s'offre donc un second week-end à thème rocher après avoir été contraints d'annuler la goulotte au refuge de l'alpe de Villard d'Arène... Ayant fait le tour des bouses du coin et espérant une météo plus clémentes, on décolle pour Aix en Provence ! Au programme, de belles arêtes facile à la Sainte, un lieu où l'éthique perdure et les voies peu/pas équipées, faciles et belles, existent encore :)
Vincent à Orpierre (voie inconnue, hors topo)

On se retrouve de bonne heure à Botanic, pour faire la route tranquille et aller s'installer au camping pour laisser les affaires : c'est pas très safe de laisser des affaires dans le coffre ici... Et puis mieux valait partir tôt pour garder de la marge et faire des détours multiples avant de trouver le parking :D
Finalement on s'engage sur l'approche tête dans le guidon, j'avais bien raconté mes histoires de bartassage à la Sainte, mais personne ne s'est méfié. On s'est donc rapidement retrouvé de nouveau à Botanic, et on a bien jardiné avant de rejoindre le bon sentier :p Faut dire que c'est plus compliqué avec toute cette brousse que dans les Écrins et ses pierriers !
Le secteur de Subéroque et ses arêtes/piliers
Un samedi à Botanic
Première arête à D. du couloir de Subéroque





On arrive donc sans encombres au pied de l'arête des trois pointes, sous un grand soleil et un peu de vent pour rafraichir, le panard ! Dire qu'on échappe peut-être à un portage de gros sacs sous la pluie sur une longue approche :D
On attaque l'arête en 4 cordées, sur le même schéma qu'à l'arête à Jojo : Nico ouvre la voie avec Vincent, suivis par Anaïs et Amél, puis Mathilde et Pierrick, et enfin Vic' et Thomas qui me trainent.
Je en sais pas si c'était une bonne idée d'être dans la dernière cordée... Déjà parce que Thomas et Victorien ont semé des friends derrière eux et qu'il a fallu se contorsionner pour les récupérer ;p Et parce que Vincent avait raison, on attends vraiment beaucoup derrière ! En plus j'ai raté le pâté en croute de canard... Ou le pâté de canard en croute... Enfin je sais plus...
Bref, l'arête était bien sympa ! C'est facile, peu soutenu, pas vraiment d'ambiance (peu de vide)... Mais le rocher est bon, le paysage au top, ça se protège bien, et c'est donc parfait pour de la formation :)
Vincent conseil Anaïs
Dans la troisième longueur
Thomas
Anaïs
Du bon rocher


En plus arrivé au sommet on profite d'une très belle randonnée pédestre pour descendre efficacement, plutôt que prendre les rappels à coté de l'arête (noté comme délicat dans les topos, chutes de pierres. Alors à 9...). Le premier couloir de descente est facilement évité, on a même pas vu le cairn ! Pour le second il a fallu ruser (on a vu le balisage...) : c'est trop caillouteux ;) Le troisième couloir de descente nous est offert sur un plateau : parcours interdit, présence d'espèces fragiles ! Dommage que le 4ème couloir de descente soit balisé et autorisé, on n'a fait que 4km de détour :D Si près d'aller au pic des mouches, un échec...

Pas de photos, on était tous bien trop occupés à râler :D

Ce petit détour nous permet quand même de tester les compétences d'auto-stoppeuses de nos Gagistes à cheveux longs, il va falloir travailler tout ça ! On a réussi à attraper une voiture mais on était plus qu'à 200m des nôtres !
Le petit détour nous a aussi permis de pas arriver trop tôt à l'apéro, c'était plus sage vu les réserves qu'on avait apporté... Bon c'est pas tous les jours non plus qu'on fête les 18 ans d'Anaïs ;)
Y'a plus qu'à....
Bienvenue à Rex la tortue, le cadeau (non connoté ^^) du GAG à Anaïs

Une seule ombre au tableau, c'est que pendant la nuit, il pleut.... Pas grave, c'était pas prévu, la météo était OK, ça va passer ! Sauf que le matin, il pleut encore... Et la météo commence à annoncer de la pluie qui arrive l'aprem, génial...
On passe donc tous les plans en revue : aller grimper en couenne à la sainte (enfin bon, il pleut...), aller grimper en salle à Aix (enfin bon, c'est pour la forme qu'on y pense), aller se biturer au PMU (mais bon, il est 8h du mat' c'est violent...), ou... s'en tenir au bon vieux proverbe qui dit "qu'il fait toujours beau à Orpierre" !
Effectivement, quand on arrive au bar d'orpierre, il ne pleut pas vraiment... Tout est mouillé, il y a cependant un coin de ciel bleu ! Le temps de prendre un café, les voies sont sèches, on peut démarrer la journée :)
Pas un temps à mettre une tortue dehors !!

On se dirige donc sur le secteur de Belleric pour faire des voies de 2/3 longueurs afin de continuer le bon apprentissage des manips de relais. Suite à la forte demande de la veille ( :p ), on en profite aussi pour faire du rappel ;) Après un point sur l'installation du rappel, chacun s'élance dans sa voie.
Nico et Pierrick font cordée dans une voie en 5b, Thomas et Victorien sont à leur droite, puis les filles font une cordée de trois avec Mathilde puis Anaïs en tête.
Pendant ce temps on part avec Vincent faire de l'artif dans du 6, pas simple la reprise ;)
Donc comme on s'y attendais tous un peu, le beau temps à fait illusion, et c'est sous des trombes d'eau qu'on a terminé les rappels et plié bagage... Pour se ravitailler au parking sous un dernier rayon de soleil !!
Un bon plan GAGesque comme on les aime :)
Vincent taquet dans une 5b ! (en vrai 6b/6b+)
Les trois autres cordées dans du plus facile
Lovage de corde sous la pluie, façon GAG... Trop de bonnes volontés !


Et surtout à ne pas manquer, la sortie en vidéo !! Merci Amél pour le montage toujours au top......

jeudi 7 avril 2016

Formation rocher : on fait comme on peut avec ce qu'on a !

Après avoir annulé la formation rocher à l'automne et l'avoir remplacé par de la goulotte, suite à un début d'hiver plus précoce qu'annoncé, voilà qu'on annule le week-end goulotte et qu'on le remplace par le rocher, suite à un début d'été très précoce... Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, ou pas ;p

Le GUM est de sortie !


Si il y a bien une compétence que j'ai développé plus que les autres dans ma pratique de la montagne, c'est l'art du but ! Et je ne regrette pas d'être devenu un "Alpi-buteur expérimenté" (voir les "règles d'or de l'alpi-buteur") :)
Pour ce premier week-end d'Avril -a moins qu'on soit en Juillet, on ne sait plus bien ?- le programme prévoyait de la goulotte ou alpi mixte autour de Grenoble, on avait ciblé notamment la Goulotte Zia et la diagonale à la Grande Lance. Las, la météo en a décidé autrement avec un fort réchauffement associé à une dépression venant du sud ! 
Après avoir retardé la décision jusqu'au dernier jour, l'évidence s'impose :
-> La chaleur, la présence de couvert nuageux pendant la nuit, le vent du Sud chaud et chargé en sable vont empêcher tout regel.
-> Le BRA (risque 3) insiste sur ces mauvaises conditions de regel et les risques que ça implique : purges en toutes orientations même froides, accentuées par l'encaissement entre des rochers (goulotte...), et risque de chutes de pierres.
-> Le niveau du groupe (faible expérience donc rythme lent) et sa taille (6 GAGistes + 3 encadrants) accentuent encore ces risques...
Il faut donc trouver un plan B, ça commence à être la routine ;)

L'enneigement ayant fortement régressé en Chartreuse, c'est par là qu'on se dirige : Une arête rocheuse facile le samedi (arête à Jojo à l'Ecoutoux), puis une école de coinceur le dimanche au col du Coq. Idéal pour rattraper le "retard" de l'automne et préparer la suite de la saison !

Samedi c'est confort, on se donne RDV au parking de décath à 10h plutôt qu'à Botanic à 4h, déjà ça commence bien... La route est courte, l'approche tout autant, on fait une pause au site école pour s'équiper et faire un point sur la pose de coinceurs/friends. Rappels de base sur le fonctionnement des deux types de protections, la façon dont ils agissent, où et comment les placer, et comme on est pas riches : comment les récupérer !
On attaque ensuite l'arête en 4 cordées : Victorien ouvre la marche et me prend sur ça corde, je surveille et conseil Mathilde qui est encordée avec Vincent, lequel s'occupe de Pierrick qui traine Nico comme second, enfin Nico s'occupe d'Anaïs qui est encordée avec Thomas et Amel.
Organisation efficace qui permet à Mathilde, Pierrick et Anaïs de faire leurs débuts en tête en toute tranquillité :)
Ambiance moyenne montagne !
Petit point théorique avant l'arête

L'arête est botanique à souhait, ça ne grimpe vraiment pas beaucoup et l'ambiance est très soft. Pas franchement un bijou, par contre pour l'apprentissage c'est très bien, ça se protège facilement et ça permet de poser des protections variées, de faire de la corde tendue, quelques relais, le tout sans stress ! On y passera 3 heures, ça n'avance pas beaucoup mais à 4 cordées de leaders peu expérimentés je m'attendait à bien pire que ça :)
Après une belle pause gastronomique pour profiter des bons gateaux au chocolat, on attaque la descente, il est enfin temps de looser un peu :D
Le début est foireux, descente raide où il est difficile de ne pas faire tomber de cailloux, à 9 il faut faire attention et ça va bien. Ensuite on a fait un grand détour touristique en se trompant de couloir, on a finit par atterrir au fond du vallon sous la grande ligne droite de la route. Pas de combinaisons de canyon, heureusement la rive gauche est praticable et nous ramène juste à coté de la voiture, disons qu'on a exploré ;p Et mérité une petite binouze au Sappey bien sûr...
Ambiance forêt...
Voir accrobranche !
Le passage le plus rocheux (3b)
Nico conseil Anaïs
Vincent
Le blues de l'encadrant ;p
Voilà, Amél ne regrette plus d'être venue :p

Dimanche on rempile sur un levé tardif, RDV même heure, et on part pour le Col du Coq. Pas de bol, la route est encore en fermeture hivernale bien qu'on soit le 10 Juillet (ah non, en Avril ??) et la route sèche, on est quittes pour un peu de marche ! Et puis pour rendre ça plus marrant on démarre sous quelques gouttes de pluie :p
Le site est en conditions parfaites, encore de la neige au pieds des voies mais il y a de la place au sec, et le rocher est nickel !
On fait un point sur les consignes de sécurité : grimpe avec corde à double, clipper tous les spits, et poser des protections en plus. Ceux qui le souhaitent peuvent tester leurs protections avec de petits vols ou suspension, sécurisés par les spits et loin du sol :)
Ensuite, on installe avec Vincent deux cordes fixes pour pouvoir évoluer en parallèle et aider/conseiller/prendre des photos choc ! Pas de chaise longue ni de hamac suspendu cette année, la météo ne s'y prête pas vraiment :p

On aura le temps de faire 2 voies chacun, avec de petits passages pluvieux et du vent pour réchauffer les cœurs et les corps, puis on plie bagage ! Ça a permis aux GAGistes de poser plus de points et de les tester, ils sont maintenant mieux armés pour se protéger efficacement, et ont une meilleure conscience de ce que valent les points... Globalement ça permet de prendre confiance, mais les quelques éjections de friends rappellent qu'en TA la chute est à proscrire, dans la vraie vie il n'y a pas les spits ;p
J'en ai profité aussi pour faire le nettoyage de printemps sur deux voies, ça pousse vite l'herbe ici ! Les derniers qui sont passés avaient plus de fissures pour protéger ;p
Nico
Pierrick
Nico
Thomas
Victorien a tapé dans une touffe ?
Des conseils en direct  :)
La voie à 4 000€, 1 point tous les 40cm english-style :p

Nico
Mathilde
 
Au final un week-end bien occupé, on a pas eu de regrets vu la météo on ne pouvait pas faire mieux ! En espérant que le second WE d'Avril nous ménera dans de beaux itinéraires sauvages et enneigés comme prévu :)

La sortie en vidéo !